Comment apparaît l’art conceptuel :

L’art conceptuel trouve ses racines dans un autre mouvement artistique, le dadaïsme dans lequel Marcel Duchamp remet en question l’œuvre d’art à travers ses ready-made. Il s’agit d’un mouvement provenant de la ville de New-York en 1965 qui se pose en réaction à l’esthétique formelle et décorative du Minimalisme. C’est également un rejet de l’importance accordée à l’objet dans le Pop-Art.

Dans l’art conceptuel, le tableau est supprimé par un concept. Ce concept peut se définir comme : la réduction de l’art par des idées pures où n’interviennent plus aucun métier artistique (Robert Atkins, historien de l’art). Par conséquent, les artistes qui font de l’art conceptuel privilégient l’idée et non sa réalisation au moyen d’un savoir-faire. C’est l’idée qui est œuvre d’art et celle-ci n’a pas forcément besoin d’être matérialisée. Au lieu de créer un objet, l’artiste peut juste établir une réflexion philosophique sur l’art lui-même ou sur un sujet comme le langage ou la sémiologie (l’étude des signes).

Se mouvement américain se développe également en Europe jusqu’à la fin des années 70.

Comment reconnaître l’art conceptuel :

Les idées et les concepts se présentent sous la forme d’exposés, de réflexion ou de citations, de déclamations chantées ou parlées, de conversations philosophiques ou linguistiques.

Parfois, ce sont de petits livres ou des textes illustrés. Des photos, des films, des mots écrits à même le mur des galeries d’art, des toiles sur lesquelles se déploient des formules logiques qui visent à exprimer une idée. Cela peut être aussi une mise en scène du corps de l’artiste ou de la nature.

Qui sont les artistes majeurs de l’art conceptuel :

Aux États-Unis :

Joseph Kosuth : Il est le chef de file le plus radical de ce mouvement et rejette toute réalisation artistique. Sa citation : « L’art est la définition de l’art ».

Hans Haacke : d’origine Allemande, il privilégie le discours social et politique.

Blue Sail (1964-1965) Hans Haacke

Denis Oppenheim : il met en scène la nature et la confronte à des idées conceptuelles sur la fonction de l’art et le rôle de l’artiste.

Mel Bochner et John baldessari : ils abordent le concept expérimental comme explorer l’espace ou la sémiologie et le langage.

Lawrence Weiner et Robert Barry : utilisent les textes et les commentaires. Weiner inscrit des phrases sur les murs des lieux d’exposition et Barry tente de communiquer une œuvre d’art par télépathie.

En France :

Daniel Buren : il fait parti du groupe B.M.P.T. Et reste fidèle aux représentations minimales car celles-ci véhiculent toujours un concept.

En Grande-Bretagne :

Terry Atkinson, David Bainbridge, Michael Baldwin, Harold Hurrell : abordent l’art comme un langage et fondent la revue Art & Language en 1968.

En Allemagne :

Joseph Beuys : utilise les syntaxes et s’intéresse aux performances et aux concepts sociaux.

JOSEPH BEUYS : I LIKE AMERICA AND AMERICA LIKES ME (1974)

Certains de ces artistes pratiquent le HAPPENING. Il s’agit d’un événement en train d’avoir lieu. C’est un moment éphémère et aléatoire qui sollicite le public.