En quoi l’Art non figuratif est-il différent de l’Art abstrait ?

Contexte d’apparition de l’art non figuratif :

C’est dans les années 40 que Jean Bazaine qualifie son art de « non figuratif », ce qui n’est, pour lui, pas la même chose que de le qualifier d’art abstrait. Par ailleurs, Charles Lapicque le soutient dans cette démarche en organisant une exposition-manifeste en 1941 dont le titre était « Vingt jeunes peintres de tradition française ». En effet, cette exposition affirme l’indépendance de l’art non figuratif en opposition à l’art abstrait américain de l’époque. Par conséquent, les vingt artistes de cette exposition ne sont ni figuratifs, ni abstraits et tentent simplement d’exprimer leurs émotions. Voici quelques lignes tirées de ses notes pour tenter d’expliquer la différence entre l’art non figuratif et l’art abstrait :

« Il est difficile d’y voir clair dans cette fausse querelle de l’art abstrait (…) Qu’est-ce que l’art abstrait ? C’est, nous dit-on, le rejet absolu de l’imitation, la reproduction et même la déformation de formes provenant de la nature (…), une géométrie sans vie. Cela est refuser de faire entrer le monde extérieur dans son jeu et s’efforcer de bâtir, en marge de toute influence « extérieure » le drame des lignes et des couleurs. C’est ce qu’en langage actuel on appelle « le non figuratif ».

Jean Bazaine

Des artistes comme Jean Bazaine ou Maurice Estève sont restés fidèles à l’art non figuratif durant toute leur oeuvre.

Qu’est-ce que le mouvement de l’art non figuratif ?

Les artistes peignent le plus souvent à l’huile sur des toiles de dimensions moyennes. Selon Bazaine, les artistes peintres traduisent « des formes provenant de la nature, puisque les formes du tableau si peu figuratives soient-elles, il faut bien, même passant à travers nous, sortant de nous, qu’elles viennent de quelque part… ». Les scènes de la vie quotidiennes sont également une source d’inspirations pour ces peintres.

Dans ces œuvres classées d’art non figuratif, nous pouvons retrouver le produit des influences du cubisme, du fauvisme et de l’abstraction. Il n’y a pas de perspective héritée de la Renaissance mais en revanche, nous pouvons reconnaître parfois un style adopté aux vitraux, aux émaux cloisonnées et aux tapisseries du Moyen-Age. Toutes les œuvres sont construites pour perdre leur aspect figuratif afin de devenir juste une expression de formes et d’espaces.

En règle générale, les artistes réalisent leur tableau après les avoir pensés et dessinés. La peinture à l’huile offre des teintes plus douces que la peinture acrylique utilisée par les peintes abstraits.

Les principaux artistes :

Jean Bazaine

Il s’inspire directement des éléments naturels dont le nom donne le titre à ses tableaux. Il réalise des toiles mais aussi des vitraux et des mosaïques.

Jean Bazaine – Paysage de mer, 1961

Maurice Estève

Il superpose les éléments géométriques aux lignes souples avec des plans aux couleurs vives et lumineux.

Maurice Estève – Le souffleur de verre, 1948

Charles Lapicque

Figure à l’initiative du mouvement de l’art non figuratif dès 1931, suite à l’écriture de sa thèse « L’optique de l’œil et la vision des contours » dans laquelle il explique que le bleu doit être utilisé dans des plans rapprochés et le rouge, orange, et jaune dans des plans lointains comme peuvent l’être le ciel et l’eau.

Charles Lapicque – Jeanne D’Arc traversant la Loire, 1940

Alfred Manessier

Influencé par le cubisme, il représente des paysages nocturnes en utilisant de forts contrastes de couleurs. Sa peinture est fluide et se mélange au dessin avec légèreté.

Serge Poliakoff

Cet artiste peint à l’huile, à la gouache et à l’aquarelle pour représenter ses formes géométriques basiques comme le carré, le rectangle ou les polygones colorés. Ses couleurs sont denses et parfois de tons voisins comme des oranges posés à côtés des roses ou des verts posés à côtés des bleus. Ses formes géométriques sont peu nombreuses sur la toile et se juxtaposent ou s’imbriquent comme un puzzle. C’est la couleur qui délimite les formes.

Serge Poliakoff – Texture

Bibliographie : Fride, Carrasat, Marcadé. 1993. Source : Comprendre et reconnaître les mouvements dans la peinture. France Loisir.

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